Parmi les 6 états d’esprit que nous avons à notre disposition pour accéder à notre cerveau préfrontal, il y en a un qui me posait particulièrement problème : l’Acceptation. Pour moi, accepter, c’était se résigner, subir une certaine fatalité. Pourtant, il ne s’agit en aucun cas de baisser les bras mais de regarder la réalité telle qu’elle est, ici et maintenant et d’aborder les événements de la vie avec confiance. L’acceptation n’empêche pas l’action. Au contraire, elle libère l’énergie nécessaire à l’action juste.
De nombreuses occasions nous sont offertes au quotidien pour tenter l’expérience de l’acceptation : dans la queue du supermarché lorsqu’une personne vous passe devant, dans une réunion de travail lorsqu’un collègue coupe la parole de ceux qui parlent, à la maison lorsque vous retrouvez votre adolescent étalé dans le canapé du salon. Pour ma part, je suis favorable à une exploration graduelle et progressive. Inutile de commencer par l’ascension du Mont Blanc…
Dans un premier temps, il s’agit de prendre conscience de la situation et reconnaître que les choses ne se passent pas comme vous le souhaitez. Ensuite, l’acceptation passe par la verbalisation. Vous pouvez décrire la situation de manière très factuelle sans la minimiser ni l’exagérer et exprimer votre ressenti. Cela peut donner : « j’accepte la situation telle qu’elle est, j’accepte ma baisse de revenus, j’accepte que ce soit difficile à vivre, j’accepte de revoir ma façon de consommer, j’accepte d’être inquiète, j’accepte d’être à l’écoute de mes besoins vitaux, j’accepte le dépouillement, j’accepte de ressentir une certaine gêne, … » N’hésitez pas à aller au bout de ce que vous pouvez exprimer. Une fois cet exercice terminé, vous sentirez un vrai soulagement et la possibilité de prendre du recul face à la réalité.
Par la suite et avec une pratique régulière de l’acception dans toutes les circonstances, vous pourrez explorer le processus dans des situations qui vous semblent plus douloureuses (une séparation, une maladie, la perte d’un emploi, …).
Alors, avez-vous toujours envie de passer du temps à refuser ou à résister ?
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Se laisse porter, c’est tellement difficile parfois. Je penserai à ton exercice la prochaine fois.
Pense à cette énergie gaspillée que tu pourrais réinvestir dans tous les aspects de ta créativité !
Je pense que votre éloge de l’acceptation participe de la “synchronisation des consciences” et que votre mode d’être au monde vous conduirait irrémédiablement à admettre l’inadmissible au nom de valeurs respectables certes, la paix, la tranquillité, l’évitement des conflits, la fuite, mais aussi au nom de la perte de toute identité, la compromission et la complicité de choses qui apparaîtront comme des crimes à l’aune de l’Histoire (cf Munich).
L’indignation est un devoir quand la dignité humaine est en jeu, la révolte est salutaire quand vous risquez de disparaître en tant qu’individu, libre et autonome, se réfugier derrière un vocabulaire pseudo médical de neuro-sciences ne changera rien. Ne jamais remettre en cause son environnement c’est déjà faire preuve d’absence de souci des autres et de souci de soi. C’est un problème philosophique et éthique. Se soumettre c’est déjà accepter de disparaître. Le devoir de dire non est salutaire, collaborer au statu quo ne fait que plonger les êtres dans le néant.
Pour rappel, voici tous les synonymes du mot acceptation, cela vous éclairera peut-être sur la vraie nature de cette notion :
acceptation : abnégation, accord, acquiescement, adhésion, agrément, approbation, assentiment, choix, consentement, fatalisme, homologation, permission, résignation, sens, soumission.
L’insoumis de service
Robert Ebguy
Merci Robert pour votre éclairage très intéressant de sociologue. Mon billet n’a pas vocation à nier une certaine forme de réalité mais plutôt d’éveiller les lecteurs à la possibilité d’accepter que l’on ne peut pas tout maîtriser. Et cela n’est pas incompatible avec la volonté de chercher à comprendre ou d’agir. Cultiver la richesse du moment présent est une piste à explorer parmi tant d’autres. Chacun trouvera celle qui lui correspond en fonction de sa sensibilité ou de ses aspirations profondes.
j’ai relayé votre article et recherche des textes pour ma revue khéopsy
cordial
ft
Je vous remercie. Vous pouvez peut-être contacter l’Institut de Médecine Environnementale pour votre recherche d’articles.
http://www.ime.fr
Merci pour ce beau mot qu’est l’acceptation ! Comme tu le dis si bien, cela se passe dans l’ici-et-maintenant. Le but de l’acceptation est de remettre en mouvement l’énergie bloquée. C’est lâcher le conflit intérieur pour aller vers une ouverture possible. C’est sortir de l’opposition et ne pas être dans la réaction, le temps de l’acceptation, pour aller vers l’action juste ! Et le dictionnaire aime bien les oppositions. Dans la vie, le processus qui permet de se réaliser (et de réaliser aussi ce qui est juste pour le monde) consiste à justement sortir des oppositions. Les oppositions ne sont souvent que des répétitions de ce que nous connaissons déjà (très utiles parce qu’elles nous ont aidé à nous construire !). Sortir de l’opposition, c’est aller vers l’inconnu et la créativité. Et c’est je crois ce dont le monde à besoin… de créativité !!
Bonne journée, Christine.
Vanina
Merci Vanina. Je suis très touchée par ton témoignage. En effet, il est indispensable de se remettre en mouvement, de nous ouvrir à de nouvelles expériences, découvertes ou rencontres de soi et des autres et de prendre du plaisir à le faire.